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Patrice SCHOENDORFF

Conférence  
avec Patrice SCHOENDORFF

L’Ecole de Commerce de Lyon a eu le plaisir de recevoir le Docteur Patrice Schoendorff, psychiatre aux hospices civils de Lyon et en détachement à l’hôpital de Thonon-les Bains (Haute-Savoie).

Cette conférence s’est déroulé le Vendredi 29 Janvier 2021 sur notre Campus de Vaise au 51 rue de Saint Cyr (69009 Lyon).  

“La gestion des effets de la crise du COVID sur les pathologies psychiatriques et les conséquences psychologiques causées par le confinement, les restrictions, ainsi que le couvre-feu.” 

Docteur Patrice Schoendorff  

  • Docteur en Médecine, Psychiatrie, médecine légale. 1979 – 1993 
  • Activités et associations : Président du programme socle sur la souffrance au travail responsable pédagogique du diplôme de psycho criminalistique de Lyon 1.  
  • Médecin chef du secteur de psychiatrie des îles du nord de la Guadeloupe 1998-2003 Hôpital saint martin. (5 ans) 
  • Médecin-légiste à l’institut universitaire légale de lyon 2003- aujourd’hui. (17 ans)
  • Enseignant, responsable pédagogique du diplôme de psycho criminalistique Faculté de médecine Lyon 1. sept 2008 – aujourd’hui (12 ans 5 mois)
  • Praticien Hospitalier. Hospices civils de Lyon. Juillet 2009 -aujourd’hui (11 ans 7 mois) 
  • Psychiatre médecin-légiste en cabinet de psychiatrie août 2009- juillet 2019, à Bourgoin-Jallieu. 
  • Président de la fédération de psycho criminalistique juin 2016- mai 2019 (3 ans)

 

Thème et déroulement de la conférence

“La gestion des effets de la crise du COVID sur les pathologies psychiatriques et les conséquences psychologiques causées par le confinement, les restrictions, ainsi que le couvre-feu.” 

Après un court rappel des rares cas de maladie de grands impacts qui ont touché la France à travers l’histoire (de la peste de 1324 jusqu’à l’apparition du Sida dans les années 1980, en passant par l’épidémie du Choléra de Paris ou encore la grippe Influenza), le Dr. Patrice Schoendorff nous fait remarquer que les pandémies virales ne représentent pas, à proprement parler, une situation bien connue en France. 

 En 2020, le coronavirus s’est rapidement propagé à travers le globe.

Cette maladie contagieuse peut produire à des complications extrêmes et graves nécessitant une prise en charge contraignante :  mobilisation d’équipements et des professionnels de la santé en masse.

 

En France, la problématique majeure réside dans l’insuffisance du nombre de lits dans les salles de réanimation.

Le processus de traitement des patients peut aller jusqu’à deux mois d’hospitalisation.

Les autorités n’ont pas eu d’autres choix que de recourir à un confinement total en Mars 2020 pour limiter la propagation du virus et ralentir le flux de patients en réanimation.

 

Pour empêcher la mutation du virus, bien des solutions  de prévention existent telles que:  gestes-barrières , port du masque, distanciation sociale.

Son but ?

Empêcher l’endommagement de l’organisme par le virus.

 

« C’est la première fois dans l’Histoire de la France que les gens ne sortent pas de chez eux» – Georges Vigarello 

 

Cette situation inédite bouleverse les habitudes et la vie sociale des habitants. Ces restrictions entrainent de réels impacts psychologiques.

En Guyane par exemple, où le Dr. Schoendorff se rend régulièrement pour prendre en  charge des patients psychotraumatiques, un confinement permanent a été mis en place pendant plusieurs semaines ; il a débuté à la période du carnaval, et ce qui a heurté la population pour qui, cet événement relève du sacré et du religieux. 

 

Pour assurer la distanciation sociale et empêcher les gens de se rencontrer, le gouvernement a instauré un couvre-feu. Ce dernier, à l’instar du confinement, se révèle dramatique du point de vue du bien-être psychologique. Il en va de même pour la recommandation du télétravail pour les entreprises. Le résultat de ces deux stratégies : faible (voire plus aucune) distinction entre espace professionnel et personnel, mais aussi effacement de la vie sociale due à l’isolement des cercles de proches et de connaissances.  

D’autres complications apparaissent dans ce climat de pandémie : 

  • Une forme de déshumanisation, car les médecins ne savent pas, du fait des tenues médicales exigées, à quoi ressemblent leurs patients. 
  • La dureté de la rééducation respiratoire qui bouleverse ces derniers. 
  • La plus dangereuse conséquence touche les patients atteints de pathologies, qui se retrouvent victime d’une anxiété démesurée (et nécessitent souvent d’être mis sous-sédatifs à cause de leur état de panique). Leur isolement est encore plus compliqué par le confinement, qui leur fait perdre le peu de lien social qui leur reste. 

Il faut noter en plus de tout cela que le manque d’effectifs dans les hôpitaux est la raison d’un personnel non adapté. 

 Ainsi, on assiste en France à la mise en place de mesures dures à porter sur le plan psychologique. Les décisions des personnes au pouvoir négligent l’importance de cet aspect pourtant important en vue du caractère hautement psychologique de l’être humain, et on est amenés à se demander pourquoi. 

 La raison réside dans le fait que la psychiatrie est une « science molle », pour citer le Dr. Schoendorff. Selon lui, appréhender la psychologie d’un individu revient à tendre vers la connaissance de sa personnalité réelle, sans jamais l’atteindre à proprement parler. C’est dans cette mesure que les autorités gouvernementales décident de rester dans le déni face à cette problématique. 

 

Pour conclure, la négligence de l’aspect psychologique par les personnes au pouvoir en France face à cette crise sanitaire mène progressivement vers un craquage nerveux des individus à troubles pathologiques. Il paraît évident que les plus fragiles d’entre eux se tourneront vers des comportements violents, preuve de l’importance de sauvegarder et d’apporter des solutions au bien-être mental de la population.